● MADELINE
Fiche technique
Classée Bateau d’Intérêt Patrimonial, Madeline témoigne d’un savoir-faire unique de la fin du XIXᵉ siècle. Cette fiche technique présente les caractéristiques de ce voilier centenaire.
● SHIPYARD
Construction
Madeline a vu le jour en 1898 au chantier naval J.W. James, à Brightlingsea, dans l’Essex (voir photo). John William James, constructeur reconnu de Smacks, y façonnait des voiliers de travail robustes et élégants qui ont fait la réputation de la rivière Colne comme haut lieu de la construction navale traditionnelle.
● SHIPYARD
Construction
Madeline a vu le jour en 1898 au chantier naval J.W. James, à Brightlingsea, dans l’Essex (voir photo). John William James, constructeur reconnu de Smacks, y façonnait des voiliers de travail robustes et élégants qui ont fait la réputation de la rivière Colne comme haut lieu de la construction navale traditionnelle.
● IDENTIFICATION :
Année de labélisation : 2023
Numéro de francisation : DF809040601
Numéro d’immatriculation : SMD81916
Quartier d’immatriculation : SM
Type : Smack
● LOCALISATION :
Localisation : Bretagne (35)
Port d’attache habituel : Saint Malo
● MOTEUR :
Yanmar YS8 – 8 CV, années 80. État moyen. Alternateur et pompe de gavage neufs.
● CARACTÉRISTIQUES :
Genre : Maritime
Usage à l’origine : Pêche
Mode de propulsion (à l’origine) : Voile
Mode de propulsion (actuel) : Voile
Architecte : J.W JAMES
Chantier constructeur : J.W JAMES
Année de construction : 1898
Longueur hors tout : 10.50
Longueur coque : 8.53
Longueur flottaison : 7.60
Largeur Maître bau : 2.66
Tirant d’eau : 1.10
Tirant d’air : 8.00
Déplacement (tonnes) : 6.0
● COQUE :
La coque, en bon état, est entièrement réalisée en pitchpin. Elle se compose de 15 bordés de 20 mm de chaque côté, renforcés par une préceinte légèrement plus épaisse (25 mm). Sa restauration a été effectuée entre 2020 et 2022. L’étrave est droite, la râblure correcte et le tableau arrière ajouré nécessitera quelques travaux dans les années à venir. Le calfatage a été repris : l’ensemble de la coque bâbord, autrefois en coton, a été refait en étoupe de chanvre, tandis que seules les œuvres vives ont été reprises à tribord. On peut également noter le faible tirant d’eau du navire, qui lui permettait autrefois de remonter très haut dans les estuaires.
● PONT & STRUCTURE :
Le pont est réalisé en contreplaqué marine de 12 mm. La partie située à l’avant du roof est neuve, tandis que le reste se trouve dans un état correct. Les listons ont été entièrement remplacés par un liston en sapelli, relevé de 5 mm par rapport à l’original afin d’arriver à fleur du pont et d’éviter la stagnation d’eau. L’ensemble repose sur des barrots et barrotins en chêne, dont deux barrots structurels de la cale de mât ont été remplacés par du frêne de cœur.
● GRÉEMENT :
Le gréement est de type aurique. Le mât, en épicéa lamellé-collé, date de 1984 et se trouve en très bon état pour son âge. L’ensemble des espars (bout-dehors, pic et bôme) est en spruce massif, également en bon état. L’ancienne barre en lamellé-collé a été remplacée par une barre en iroko massif, légèrement plus fine et plus basse, ce qui préserve mieux la ligne du bateau.
Les haubans, galhaubans et bas-haubans sont en inox et en bon état. L’élingue entourant le mât, reprise sur des caps de mouton en acacia, présente un état moyen. Les cadènes sont constituées de trois lames extérieures en bronze, boulonnées en inox traversant le plat-bord, la préceinte/serre-bauquière ainsi que les trois premières bordées, avec des cales intérieures en frêne de cœur. Étai, moustache et sous-barde sont également en inox et en bon état.
Les bastaques sont reprises à l’aide d’un palan à deux réas fixé sur une cadène extérieure en bronze à cinq points de fixation, en bon état. Enfin, l’épontille de mât, neuve, est réalisée en lamellé-collé et reprise en tenon-mortaise sur varangue.
● EMMÉNAGEMENTS :
L’emménagement offre 1.40 m sous barrots. L’avant du roof a été refait en sapelli de 30 mm, et la cloison de cabine avant entièrement rénovée. La sellerie est en très bon état.
● VOILURE :
La grand-voile, en dacron (82 m²), date des années 1990 et reste en bon état. Le foc (6 m²) et la trinquette (5 m²), en coton, sont neufs. Le foc ballon, en nylon (18 m²), présente un état moyen.
● RÉSUMÉ
Historique
Après plusieurs mois de recherches, menées en collaboration avec Alison Cable de l’association des Old Gaffers anglais, nous avons pu reconstituer l’histoire de ce petit Smack de l’Essex.
Construit en juillet 1898 au chantier J.W. James de Brightlingsea, Madeline était à l’origine destinée au dragage d’huîtres dans la rivière Colne. Robuste et rapide, elle aurait été adaptée à la croisière dans les années 1920, comme beaucoup d’autres Smacks reconnus pour leurs qualités marines.
Le 28 août 1942, alors propriété du maître voilier John Hector Barr, Madeline est réquisitionnée pour l’effort de guerre. Sous le numéro CK156, elle est réarmée pour la pêche afin de nourrir les populations côtières. Probablement restituée à son propriétaire à la fin du conflit, le bateau est mis en vente en 1946.
On retrouve ensuite sa trace dans le Lloyd’s Register entre 1952 et 1957. En 1969, l’ensemble des bordés est remplacé au Fred Webb’s Yard, dans l’optique d’une revente vers la Hollande. Dans les années 1970, Madeline change plusieurs fois de mains avant d’être acquise par Pat Walton, qui restaure l’intérieur, le pont et le roof en respectant au mieux son aspect d’origine.
En 1984, l’embarcation est rachetée par John Hugget, passionné de Smacks. Puis, en 2008, elle est importée en France par Dinard Yacht Service. Après avoir été revendue à plusieurs reprises sans jamais reprendre la mer, c’est finalement Stéphane de Marquette qui la fait naviguer de nouveau en 2016.
À l’hiver 2018, une violente tempête d’ouest endommage gravement le bateau. Face au coût considérable des réparations, Stéphane propose à Jean de le reprendre. Après une expertise minutieuse, ce dernier accepte le défi. Trois années de restauration s’ensuivent, jusqu’à la remise à l’eau de Madeline le 12 juin 2023.
